Découverte des travaux artistiques de Marc Pallain. Présentation des derniers montages de photographies.
20 Juin 2014
Trois œuvres radiographiques et une photo extraites du travail accompli avec Hélène Lucien ont donné lieu à une exposition exceptionnelle à Paris dans le cadre du colloque international « Penser/Créer avec Fukushima » organisé par Michaël Ferrier et Christian Doumet. Celle-ci s’est tenue du 13 au 21 juin 2014 à la Maison de la Culture du Japon à Paris.
Les 3 œuvres présentées sont des radiographies que nous avons réalisées révélant des images de la radioactivité présente dans la zone contaminée par la catastrophe nucléaire de Fukushima.
Elles ont été réalisées au cours des trois mois passés dans la région en 2012 dans le cadre d’un travail artistique et expérimental mené avec Hélène au Japon. L’un des buts était de produire des traces de la radioactivité jusque là considérée comme invisible.
Nous avons utilisé des pellicules radiographiques que nous avons déposées à différents endroits de la zone, à divers niveaux de radioactivité et pendant des durées variables.
Nous avons choisi d’expérimenter les processus de la photographie dans son essence même, en tentant de l’appliquer aux rayonnements gamma de la radioactivité présente sur les zones contaminées de la région de Fukushima.
Nous avons réussi à obtenir des traces, des empreintes laissées par les rayonnements nucléaires. C’est l’une des premières fois au monde où nous pouvons observer des images de la radioactivité.
Notre travail artistique s’est réalisé au contact des habitants des zones concernées, ceux ayant évacué les régions hautement contaminées (où nous avons déposé les films radiographiques) et les habitants vivant encore dans les zones limitrophes à risque car très contaminées également.
Nous avons souhaité nous mettre dans la même situation que celle à laquelle avait été
exposés les habitants des zones évacuées.
Pour eux nous avons voulu matérialiser l’empreinte de la catastrophe dans sa profondeur.
Invisible et impalpable, en rechercher les traces intimes, cristalliser une preuve révélée.
Donner à ces habitants maintenus à dessein dans l’ignorance de la réalité profonde de la contamination nucléaire, une image de l’intimité du mal qui ronge les paysages témoins de leurs vies et celles de leurs ancêtres et désormais désertés pour longtemps.
Un mal qui, par touches insidieuses s’éparpille également sur la planète.
Ces images sont pour moi les Paysages Intérieurs de la contamination nucléaire à Fukushima.
Les formes dans lesquelles mille détails se sont inscrits peuvent être appréhendées comme chaotiques voire âpres au premier regard mais elles peuvent aussi être considérées spontanément comme belles ou poétiques.
Elles ont la beauté inquiétante et étrange des paysages de Fukushima.